Trump ne gouverne pas par le droit, mais par la surcharge
« Pendant qu’on crie, on ne pense plus. Pendant qu’on partage, on oublie. Et pendant qu’on commente… on perd le fil de ce qui compte. »
🔹 Une époque saturée
Nous ne vivons plus à l’ère du débat.
Nous vivons dans un vacarme organisé.
Un flux continu de contenus, surtout sur Truth Social, la plateforme personnelle de Donald Trump, où l’objectif n’est ni d’informer, ni de convaincre, mais de remplir l’espace pour qu’aucune pensée ne puisse y tenir.
🔹 Des exemples? En cascade.
Depuis quelques jours seulement :
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📣 Trump annonce que Barack Obama serait arrêté pour sédition, sans aucune preuve.
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📺 Il jubile publiquement de l’annulation du Late Show de Stephen Colbert, affirmant qu’il a été « viré pour incompétence », alors que CBS évoque des raisons budgétaires.
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⚖️ Il accuse tous les juges de biais, puis tente de manipuler la justice en “juge-shopant” en Floride pour sa plainte contre le Wall Street Journal… plainte déjà jugée peu sérieuse, et probablement bientôt abandonnée comme d’autres.
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🧢 Il menace de bloquer la construction d’un stade si les Washington Commanders ne reprennent leur ancien nom controversé.
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📜 Il rebaptise le Mont Denali en Mont McKinley, veut que le Golfe du Mexique devienne le « Golfe d’Amérique »…
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🗂️ Et surtout, il refuse de divulguer les dossiers Epstein, malgré un soutien écrasant de l’opinion publique (89 %), y compris chez les républicains (49 % d’insatisfaction).
🔹 La logique : créer le trop-plein
Chacune de ces déclarations, plaintes, accusations, promesses ou insultes n’a pas pour fonction d’éclairer,
mais de désorienter,
d’émouvoir,
de court-circuiter la pensée.
Ce n’est pas de l’information.
C’est une diète émotionnelle toxique,
un sucre idéologique administré en continu pour rendre impossible toute digestion rationnelle.
🔹 Pourquoi cette stratégie fonctionne (encore)
Parce que l’infobésité émotionnelle flatte les instincts primaires :
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la peur de l’autre,
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la colère contre les institutions,
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le goût de l’humiliation publique,
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le besoin de se sentir du « bon côté » du vacarme.
Et pendant que ce vacarme grandit, la justice ralentit, les institutions s’effritent,
et le peuple s’épuise.
🔹 Le commentaire des Papes
L’infobésité émotionnelle est la langue officielle des régimes modernes de confusion.
Elle ne dit pas : « Voici ce que je pense ».
Elle dit : « Pense à tout, tout le temps, jusqu’à ne plus penser du tout. »
Donald Trump n’a pas besoin de convaincre qu’il a raison.
Il suffit qu’il sature le réel pour empêcher toute autre vérité d’émerger.
C’est là où réside la force perverse de cette méthode.
✍️ Conclusion
Il ne s’agit plus de savoir si Trump dit vrai ou faux.
Il s’agit de reconnaître la nature du système discursif qu’il a imposé.
Un système fondé non sur le droit, ni sur le débat,
mais sur la surproduction d’émotion et de bruit.
Et si ce bruit ne s’arrête pas,
c’est à nous, citoyens lucides, de baisser le volume.
Réduire le bruit, c’est peut-être le dernier acte de résistance qu’il nous reste.
✍️ Publié dans Les Papes
Pour celles et ceux qui choisissent encore d’écouter avant de croire.
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