La scène pourrait presque sortir d’une pièce de théâtre : d’un côté, Christian Dubé, ministre de la Santé, convaincu que son projet de loi 106 est la clé pour améliorer l’accès aux soins. De l’autre, les fédérations de médecins, campées sur leurs positions, brandissant leur droit au « statu quo » comme un bouclier sacré. Entre les deux, les patients, vous, moi, tout le monde, qui attendons de savoir si on pourra voir un médecin avant… la prochaine éclipse solaire.
Le projet Dubé : révolution ou bricolage ?
Christian Dubé ne mâche pas ses mots : il veut lier une partie de la rémunération des médecins à des résultats. Une petite révolution pour les praticiens, une grande révolution pour les patients, selon lui. Bref, faire passer les médecins du mode « à l’acte » au mode « à l’impact ».
Mais du côté médical, on crie à l’ingérence. Les omnipraticiens désertent les tables de négociation, les spécialistes boudent certaines réunions. Résultat : l’été a été plus calme qu’une salle d’attente un 24 décembre.
Le bras de fer des fédérations
La FMOQ accuse le gouvernement d’imposer une réforme au lieu de négocier. La FMSQ, elle, se dit ouverte à discuter, mais sans ce fameux projet de loi. En langage diplomatique : « on veut bien négocier, mais uniquement si vous rangez vos pions. »
En retour, Dubé accuse les médecins de « saboter » son grand chantier numérique du dossier santé, pourtant réclamé depuis des années. On imagine le ministre, en ingénieur frustré, montrant ses plans et répétant : « Mais c’est pour vous simplifier la vie ! » pendant que les médecins soupirent : « Encore un système informatique… »
Et le patient dans tout ça ?
Au milieu de ce ping-pong politique et corporatiste, l’enjeu reste simple : accéder à un médecin sans devoir passer par un concours de patience olympique. Car peu importe la mécanique de rémunération, ce que les patients demandent, c’est d’être vus, soignés et suivis efficacement.
On peut sourire devant cette querelle de chiffres et de principes, mais derrière les micros et les communiqués, il y a une vérité crue : la population vieillit, les besoins explosent, et le système ne peut plus se permettre l’immobilisme.
Le mot de la fin
Le projet de loi 106 restera sur la table, comme une assiette qu’aucun convive ne veut toucher, mais que l’hôte insiste pour servir. Reste à savoir si les médecins accepteront de goûter ou s’ils continueront à renvoyer le plat… jusqu’à indigestion collective.
En attendant, le citoyen, lui, continue de se demander : qui guérira le système de santé ? Le ministre avec ses réformes, ou les médecins avec leurs résistances ? Peut-être que la vraie prescription serait un peu moins d’ego et un peu plus de compromis.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire