Il était une fois au Québec, une grande promesse : moderniser la Société de l’assurance automobile grâce à une plateforme numérique dernier cri. Le citoyen rêvait déjà de renouveler son permis entre deux cafés, de payer ses frais en trois clics et d’éviter la file d’attente qui s’allonge jusque dans le stationnement. Bref, l’utopie numérique.
Mais comme souvent chez nous, le conte s’est transformé en farce bureaucratique.
La prophétie ignorée
En 2017, une directrice de la SAAQ, Pascale St-Hilaire, avait pourtant sonné l’alarme. Dans une lettre qui ressemble aujourd’hui à une boule de cristal, elle décrivait des conflits d’intérêts apparents, des pressions illégales pour ouvrir les soumissions avant l’heure, et un climat de travail où l’on reprochait aux employés d’être… trop intelligents.
Bref, un scénario qui sentait déjà le dérapage, mais qu’on a choisi de classer sous « divers ».
Le pilote de la Formule 1 numérique
À ce stade, la plateforme aurait dû être rebaptisée SAAQfric, parce qu’entre les consultants d’Hydro-Québec, la firme R3D et les « gardes rapprochées », on sentait déjà que l’essence coûtait cher.
Silence radio à l’intersection
Le plus ironique dans l’affaire ? Tout le monde était prévenu. La lettre a atterri sur le bureau du Conseil du Trésor, du ministre des Transports, de la PDG de la SAAQ. Mais entre confidences mal gardées, suivis « à faire », et confiance aveugle dans le capitaine de bord, la machine a continué sa course.
Un peu comme si un voyant rouge clignotait sur le tableau de bord, mais qu’on décidait de coller un post-it dessus pour continuer la route sans être dérangé.
La morale de l’histoire
Aujourd’hui, la Commission Gallant expose ce fiasco au grand jour. Et le citoyen, lui, continue de se demander pourquoi renouveler un simple permis de conduire au Québec relève parfois de l’épreuve olympique.
La SAAQ promet que la route sera plus fluide à l’avenir. Mais après avoir vu ce virage raté, disons qu’on garde une main serrée sur le frein à main.

Aucun commentaire:
Publier un commentaire